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mardi 1 juillet 2014

Délester en soi une mémoire de trahison, pour s’ouvrir à l’autre…


Azalée émerge de son sommeil, barbouillée et encore fébrile d’un rêve oppressant. Une boule lui enserre la gorge et noue son estomac.  Elle se remémore de larges pans de ce songe bien symbolique. Elle ressent encore une tristesse et un désarroi abyssal, elle n’avait jamais ressenti un désespoir si vif, même dans les passages les plus ombragés de son adolescence, cette période la plus difficile de sa jeune existence.  Elle a maintenant 23 ans, au seuil de sa vie d’adulte et de femme.

Dans ce rêve, elle se sent exclue du monde qui l’entoure, ignorée et même dénigrée. Lorsqu’un homme s’approche d’elle et qu’un intérêt amoureux s’éveille, elle voit le visage de cet homme remplacé par celui de son père!!!! Cette dernière portion de son rêve s’avère un cauchemar récurrent, où un homme la séduit puis arbore soudainement les traits déformés et quasi hideux de son père. Une image qui la révulse au plus haut point !   Or, ce songe ramène en surface avec acuité des émotions en latence qu’elle tente de diluer depuis de nombreuses années, et notamment un doute  envers la constance et l’intégrité les hommes.

En apposant les mains sur elle, je laisse ses émotions reliées à ce rêve me conduire  là où son corps a emmagasiné cette charge émotive.  De façon très perceptible, ce noeud se situe au niveau du cœur. J’en ressens immédiatement la densité et la lourdeur. Telle une bobine de fil qui se délie,  je me laisse guider jusqu'à l’origine de cette mémoire. Nous voici dans une vie passée, dans un lointain troublé où Azalée a vécu une expérience amoureuse désastreuse. Charmée par un jeune homme aux allures avenantes, elle est conquise et l’épouse, convaincue de conclure une union harmonieuse.  Or, cet homme  se révèle un véritable despote et la jeune femme plonge dans un quotidien infernal et oppressant; elle sombre dans une profonde dépression.

De cette mémoire passée, Azalée a conservé une méfiance  envers les hommes, une crainte de se faire berner. D’un naturel très transparent et franc, elle ne peut supporter la duplicité. Or, dans cette vie-ci, son père, dans une note beaucoup moins grave, incarne ce travers. Il arbore en public un visage souvent facétieux, sans laisser percer ses attitudes beaucoup moins amènes dont il fait étalage en privé, et tout particulièrement envers ses enfants.

En allant déraciner cette mémoire, Azalée sent la charge émotive qui l’enserrait se délier. Elle vient de chasser de sa psyché, un carcan mémoriel qui entachait son élan vers autrui et tout particulièrement envers la gent masculine. La voici allégée d’une lourde entrave à son ouverture aux autres.


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