PagesParce que naître laisse des traces pour la vie...

vendredi 19 octobre 2012

Éloge à la naissance consciente, assises d'une humanité aimante


Nos premiers instants de vie, de la conception à notre naissance, portent les germes de notre individualité, de la qualité de la relation que nous développerons avec nous-mêmes et le monde extérieur.

Avez-vous été désiré, attendu, espéré et accueilli dans un environnement aimant, rassurant, protecteur ?

Comment avez-vous traversé ce passage décisif, ce moment sacré de votre naissance ? En avez-vous le souvenir ou en tête le récit de votre mère?

La plupart des naissances se déroulent de façon traumatique….et ces empreintes de naissance modèlent de façon prépondérante nos comportements futurs. 

Les enfants naissent en grande majorité  dans un environnement insensible à l’importance cruciale de ce passage entre deux mondes. 

En milieu hospitalier, l’emphase est mise sur l’application de protocoles conçus pour faciliter l’intervention des médecins et pallier rapidement aux cas d’exception, aux naissances problématiques. L’évolution de la médecine  devrait théoriquement améliorer la qualité des accouchements et atténuer les difficultés pouvant être rencontrées et par conséquent diminuer les traumatismes de naissance. Or, nous observons plutôt l’inverse. L’interventionnisme médical accroît les problèmes vécus à l’accouchement

Par ignorance, nous bousculons les nouveaux-nés que ce soit par l’induction pour accélérer le travail, le recours banalisée à la césarienne comme mode d’accouchement et non plus comme opération d’urgence, ou tout simplement par une ingérence et un envahissement du lieu de l’accouchement au détriment de l’intimité de la parturiente et de son enfant à naître.

Au lieu d’être protégé, le  nouveau-né est violenté. Et c’est ainsi qu’il fait son entrée dans sa nouvelle vie.

Cette incompréhension de l’importance d’une naissance harmonieuse pour le bien-être immédiat et futur du nourrisson a pour conséquence directe que les bébés arrivent en ce monde en mode défensif.

Curieusement, la science a longtemps perçu le nourrisson comme un être au départ insensible. D’où les agressions physiques  dont il est victime sans anesthésie, comme les ponctions sanguines brutales ou pire encore, comme la circoncision des bébés garçon pratiquée de façon machinale, à froid, sans se soucier des cris de douleur et de détresse de l’enfant.  Il en résulte que la première empreinte de l’enfant à l’égard de ses organes génitaux, et par extension de sa sexualité,  en est une de douleur…et de violence… !  Les séquelles s’inscrivent dans son corps physique, émotionnel et dans les autres dimensions de son être.

Or, le nouveau-né est d’une extrême sensibilité, absorbant comme une éponge les émotions, les sensations, les énergies environnantes. Tout son être, en totale ouverture,  les sens aiguisés, capte et assimile  les vibrations émises autour de lui. Contrairement aux croyances populaires,  le nouveau-né s’avère totalement perméable à son environnement.

Comment réagit l’humain face à l’adversité,  à la brutalité ? Il lève ses boucliers.  Ainsi, le nouveau-né  déclenche ses mécanismes de protection contre l’environnement hostile où il vient d’entrer.

Et le premier réflexe de protection de l’enfant est de refermer  sa zone la plus sensible, celle qui reçoit et émet les plus hautes vibrations: le cœur…. L’enfant tire un premier voile sur son essence véritable, afin de protéger son extrême vulnérabilité et éviter de plus amples écorchures.

C’est ainsi que se dressent nos premiers murs intérieurs, cette séparation avec notre moi véritable.  C‘est ainsi  que nous commençons à nous morceler et à distiller en nous ce sentiment de distance que nous chercherons à combler pendant toute notre vie.

Car ce lien si précieux avec notre moi véritable nous ramène à la Source, au lien avec un monde plus élargi que nous pouvons appeler spirituel, divin ou simplement énergétique. Ce lien donne sens à notre existence sur terre, nous rassure, nous aiguillonne et nous insuffle l’élan le plus précieux : l’amour de soi; la confiance en notre capacité à être les maître d’œuvre de notre vie, sans se nourrir de liens d’interdépendance, mais en évoluant dans l’interrelation, la collaboration et le respect de soi et de l’autre.  

Or, l’autonomie, la prise en charge de notre individualité, s’avère  essentielle pour ouvrir la voie à un monde axé sur la paix et la solidarité. Notre force est d’abord intérieure, et chacun doit la trouver au fond de lui-même, dans sa propre estime personnelle.

Nos premiers moments de vie sont vécus comme des écorchures alors que nous devrions accueillir avec le plus grand respect chaque nouvelle âme qui s’incarne.

L’accouchement n’est pas un acte médical, mais un moment de grâce.  Un moment qu’il faut célébrer avec compassion et amour en prodiguant des soins attentifs, et surtout en n’interférant pas dans les premiers contacts entre la mère et l’enfant. Le premier regard rassurant, le contact peau à peau pour réchauffer et sécuriser le nouveau né ; cette première rencontre où se prolonge l’intimité intra-utérine est infiniment précieuse. Rien ne devrait la perturber.

 Lors de l’accouchement la mère et l’enfant sécrètent une hormone fabuleuse, l’ocytocine appelée l’hormone de l’amour. Cette hormone facilite et stimule le lien d’attachement entre la mère et son poupon. L’ingérence médicale par l’imposition de protocoles hospitaliers, telle que l’injection routinière d’hormones de synthèse comme le pitocin, ou encore l’augmentation ahurissante de césariennes, prive la mère de cette puissante hormone naturelle. On saccage ainsi un moment d’interconnexion sacré entre mère et enfant, on vole à l’enfant cette poussée d’amour qui le sécurise, garde le continuum avec le confort rassurant du corps de sa mère et lui permet d’entrer dans cette vie avec assurance et confiance en son entourage.

Ultimement ce sont les compagnies d’assurance qui encadrent les protocoles hospitaliers  et incidemment, dictent la façon de naître ! L’intérêt des assureurs est strictement financier et repose sur une logique mathématique de gestion des risques. Leur seul objectif est de réduire au maximum les risques de poursuite judiciaire par un encadrement rigoureux des pratiques admises. Cette perspective débouche sur un hyper contrôle médical où l’accouchement est géré comme un risque médical potentiel au détriment des besoins véritables d’une naissance naturelle et harmonieuse, syntonisée sur le rythme et le respect de la mère et de l’enfant.

Dans un tel contexte,  la mère se trouve dépossédée de son corps, niée dans sa propre capacité d’enfanter, dans son intégrité et de son pouvoir de femme.  Donner naissance est une expérience initiatique qui confère à la maman une extraordinaire puissance et une confiance décuplée en sa féminité et son rôle de mère.

De son côté, l’enfant se trouve privé d’une naissance aimante et consciente prélude à une vie où l’essence même de son équilibre affectif, la capacité de s’aimer et d’être aimé, est altérée.

«Entre deux mondes», photo prise par Tara Garner


Expérience personnelle et thérapeutique
  
Voilà plus d’une décennie que j’ai entrepris un travail de reconstruction personnelle. À l’aube de la quarantaine, j’ai sombré dans une sévère dépression doublée d’un burn out. Profondément secouée, j’ai choisi de refuser toute médication et de plonger au fond de ma souffrance pour en trouver les origines. Cette démarche, cette volonté de me guérir et de me retrouver m’a entraîné vers des découvertes fascinantes et le développement d’habiletés extra-sensorielles dont je ne me croyais pas dépositaire.

Pendant des années, j’ai épuré, couche après couche, comme on pelle un oignon, la charge émotive relié aux différents aspects de ma personnalité. Mon intention était de me purger de tous les encombrants, de tous les conditionnements, paradigmes, valeurs sociales culturelles ou religieuses ingérés depuis ma petite enfance. Je cherchais à faire émerger ma véritable identité derrière les apparences.

Ce  grand nettoyage, entrepris de façon méticuleuse et introspective, m’a permis de me libérer morceau par morceau de mes mécanismes de protection. J’ai développé une forte capacité à remonter jusqu’à  l’origine de mes émotions, à toucher aux traumatismes initiaux. 

Après de nombreuses années de nettoyage intensif, d’épuration quasi quotidienne, j’ai touché un noyau.  Une part importante  de mes failles émotives relevait des circonstances de ma naissance.  Ayant cette habileté à retourner dans le passé, j’ai été en mesure de ressentir les émotions perçues lors de ma vie intra-utérine.  J’ai compris que les empreintes de naissance s’inscrivent dès notre conception et lors de la gestation.  L’enfant  à naître vit en osmose totale avec sa mère, les émotions vécues, les insécurités, les traumatismes sont directement transmis au fœtus. Il n’y a pas de frontière, la communication est directe, la communion absolue.

J’ai vécu une arrivée sur cette terre difficile. Je sais maintenant que j’étais une enfant non désirée. Ma mère aurait souhaité mourir pendant la grossesse et l’accouchement et m’amener avec elle dans son trépas, pour fuir sa détresse. Nous avons survécues. Pendant ce temps, mon père cuvait son mal-être au bar de l’hôtel tout à côté de l’hôpital.  J’ai pansé les blessures et les empreintes traumatiques de ma naissance, j’ai compris comment j’avais, dès ma gestation, développé mes mécanismes de défense et comment cette situation de désespérance, d’abandon et de rejet avait miné ma propre capacité à aimer. À m’aimer d’abord et à être aimée.  J’avais refermé mon cœur par pur reflexe de survie affective.

Comme thérapeute, j’ai à nouveau constaté à quel point les empreintes de naissances ont un impact prépondérant sur l’équilibre affectif des gens.  J’aide constamment les patients à pacifier, à nettoyer les séquelles de ces moments traumatiques.

Comme mère, j’ai eu l’occasion de vivre deux accouchements fort différents. Un accouchement fortement médicalisé à l’hôpital et un accouchement naturel dans un centre de naissance, sans ingérence du personnel infirmier. Même si mes enfants ont tous deux été profondément désirées et aimées, l’impact d’une naissance  bousculée, non respectée, a laissé des séquelles sur la relation avec ma fille aînée, sur notre lien d’attachement, sur sa propre solidité émotive et ses interrelations avec autrui. Le lien de confiance avait été rompu et ses mécanismes de protection mis en branle, il nous a fallu réparer cette cassure vécue à sa naissance.

Ces expériences sont prépondérantes pour moi, je les ai vécu dans mon cœur, dans ma chair et dans mes explorations énergétiques.  Je suis en mesure d’apprécier dans tout l’équilibre de mon être l’effet libérateur d’un nettoyage des empreintes de naissance. Ma vie en est transformée. Je comprends de toutes les fibres de mon être l’importance cruciale d’informer les futurs parents des incidences d’une naissance traumatique et de protéger les enfants à naître.

Pour augmenter la conscience de l’humanité, pour créer un monde de paix nous devrions commencer par le tout début, par un accueil aimant et harmonieux de nos enfants à naître, par un changement profond de notre façon de les recevoir, de les reconnaître, pour leur permettre d’amorcer une nouvelle incarnation gorgés de l’extraordinaire  pouvoir de l’amour, de l’amour de soi, tout simplement.